Mais s’ils ont des parents français, les parents ne leur parlent pas en français ?

Eh bien, ça peut paraître surprenant, mais quand vous vivez dans un autre pays et que… si vous avez un des deux parents qui est français, l’autre parent étant local. Je vais dire par exemple, on vit en Écosse, il est écossais. Eh bien l’enfant, dans son environnement tout le monde parle anglais, dans son école tout le monde parle anglais, bon sa maman lui parle en français, mais il ne veut pas être différent « pourquoi tu me parles en français, tout le monde parle en anglais ». Il ne veut pas être différent de ses copains et donc il peut rejeter la langue. Et beaucoup, beaucoup d’enfants en fait rejettent la langue. Et donc, pour moi le vrai enjeu, c’est plutôt que tous les enfants français parlent français. Et moi ce que je souhaiterais, c’est une solution universelle pour tous les enfants, voilà. Pas que ceux qui qui vont dans les écoles françaises parce qu’ils sont à proximité d’une école française. Voilà, donc mon souhait à titre personnel, c’est plutôt d’avoir un système d’enseignement à distance qui du coup puisse être sponsorisé pour tous les enfants (parce que ce qu’on veut, c’est que tous les enfants français parlent français), donc… et le même système pour tout le monde.

Oui, mais pourquoi faut-il que ce soit tout le temps des lycées… Le lycée français, ah oui, c’est un grand lycée, un des plus grands au monde, etc. Ouais, moi je m’en fiche, ce serait une petite école de quartier français, ça m’irait aussi bien, ce serait très bien, je ne demande pas… Non, c’est ça, je veux qu’ils parlent en français et puis qu’ils aient… il y a certaines choses que j’aime bien dans le système français, qu’on apprend à réfléchir plus qu’apprendre par cœur qui est un petit peu plus comme le système espagnol, des choses comme ça. Mais je ne demande pas des infrastructures extraordinaires.

Et moi ce à quoi je crois, c’est à des modules complémentaires de l’enseignement local qui permettent d’apprendre en français. Donc ça peut passer par l’enseignement à distance, ça peut passer par de l’enseignement bilingue dans le l’enseignement national. En Angleterre, si vous voulez mettre votre enfant dans une école privée, en gros ça coûte à peu près 20… entre 20 et 30 000 € par an.

Ouais, non, mais là c’est public !

C’est un choix.

Là c’est public le lycée français !

Non, non : le lycée français n’est pas public.

Enfin en tout cas, les professeurs sont des fonctionnaires, je le sais bien parce que ma sœur a travaillé au lycée de Londres.

Une partie des fonctionnaires, une partie des enseignants sont fonctionnaires.

Oui, enfin…

Et de moins en moins, parce que justement… Et oui, mais c’est ça le problème, c’est que comme il n’y a plus d’argent, comme le contribuable n’en peut plus, comme le budget est limité…

Ouais, mais il met combien pour d’autres choses qui sont peut-être moins importantes pour les gens. Je sais pas, l’armement, le nucléaire, le machin, peut être que le peuple n’est pas trop d’accord avec ça. Je suis sûr qu’avec l’éducation tout le monde est assez d’accord de mettre des moyens dans l’éducation, plus que dans d’autres domaines où on en met beaucoup plus.

Mais le contribuable français, à mon avis si on lui demande, il ne sera pas très d’accord pour pouvoir financer les études de ses compatriotes qui vivent à l’étranger.

Imaginons un Français qui vit à Madrid et qui paye des impôts à la France. Bah lui il va se dire : « bah attendez, moi je paye mes impôts pour les lycées publics dans l’hexagone et pourquoi eux ne paieraient pas aussi pour mon lycée public à Madrid ? ».

Oui, mais il pourrait dire aussi la même chose pour la santé : il n’a pas non plus le droit de la sécurité sociale française, puisqu’il travaille à l’étranger, donc il a la sécurité sociale, il est dans l’Europe, il a la sécurité sociale du pays où il réside. Donc on peut…

Oui, mais c’est un autre système…

Bah oui, mais on ne peut pas… Voilà, mais après ça devient un peu compliqué.

Si c’est complètement privé, je veux bien, il n’y a pas de problème, c’est un business privé, OK. Ce que je n’aime pas trop dans le lycée français, c’est que c’est un petit peu entre les deux quoi !

Ah bah on est totalement d’accord sur le sujet. C’est effectivement parce que… le fait que ce soit un petit peu entre deux chaises fait que celui qui décide de pourquoi ça coûte ce prix-là, la structure du budget. Parce que qu’est-ce qui fait le coût ? C’est souvent les options qui sont décidées. Donc qui fait le coût ? C’est ça qui est important. Ce qu’il faut c’est que celui qui paye, les parents puissent être partie-prenante dans les choix. Donc c’est effectivement ce à quoi je crois, donc c’est une évolution, c’est un des défis, c’est la structure du réseau, les écoles. Quand je dis que l’AEFE ne doit plus être juge et partie, ne doit plus être responsable du réseau et en même temps gérer des écoles dans le réseau, donc il faut séparer les choses et que les acteurs… celui qui dirige une école, et bah il le fasse avec un choix : faire en sorte que par exemple, les coûts soient les plus modérés possible. Mais qu’il ait un vrai choix, que ce soit lui qui choisisse son directeur d’école, que ce soit lui qui fasse des vrais choix pour… au niveau du système éducatif, au niveau des options pour que le système soit le plus cohérent possible par rapport à sa clientèle, par rapport aux parents.

D’accord. Bon, OK, on va s’arrêter là-dessus. Donc je vous remercie encore une fois parce que vous avez des journées, je le sais, extrêmement chargées. Vous nous avez dédié ce temps précieux, donc merci beaucoup.

Merci à vous.

Au revoir.

Au revoir.